Naufragés du ciel : notre mésaventure à l’aéroport lors de notre road-trip au Canada

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Tout road-trip commence parfois par une part d’imprévu, mais certains débuts sont plus mouvementés que d’autres. Avant même de fouler le sol canadien, notre aventure a pris une tournure inattendue. Retards, attente interminable et incertitude totale : nous sommes rapidement devenus de véritables naufragés du ciel. Voici le récit de notre mésaventure à l’aéroport, premier épisode imprévu de notre road-trip au Canada.

Vous avez peut-être lu notre mésaventure de ce qui devait être le premier jour de notre road trip dans les provinces maritimes du Canada.

Il est midi 10, nous allons décoller dans quelques minutes.

Mais voilà, annonce du pilote, l’aéroport est fermé à la circulation aérienne pour une durée de 2 heures.

Nous devenons les naufragés du ciel !

Analepse.

Petit retour en arrière.

Nous sommes parti le matin assez tôt pour deux raisons :

  • Être présents 3 heures avant le décollage.
  • C’est un ami qui nous accompagne à l’aéroport, celui-ci ayant d’autres impératifs.

Et non, pas de décollage.

A 12h10, l’annonce faite au micro par le pilote tombe : pas de décollage pendant deux heures.

Afin de ne pas trop souffrir sur notre siège, somme toute bien étroit, le commandant de bord nous indique qu’un débarquement des passagers va avoir lieu.

Dans notre tête, c’est clair : notre road trip canadien va commencer, quand même !

L’attente commence.

Très rapidement, nous apprenons que la fermeture de l’espace aérien est prévu pour deux heures au moins.

Et ça change tout : deux heures ou deux heures au moins, ça n’est évidemment pas la même chose.

L’aérogare commence à se remplir de passagers, certains déjà dubitatifs.

Moments de vie.

Les visages des adultes sont inquiets ; certains doivent prendre une correspondance à destinations, d’autres ont de la famille qui va les attendre et qui risque de s’inquiéter.

Pour nous, c’est notre location de voiture qui nous attend à destination et rien n’est joué.

Pendant ce temps, les enfants s’adaptent à la situation ; pendant que certains, les plus grands, jouent avec les chariots, les plus petits commencent à s’impatienter et à chouiner.

Le calme relatif des salles d’attente disparaît. Un brouhaha s’installe.

Plus question de quitter son siège sans demander à un proche de le surveiller, c’est trop risqué.

Les téléphones se déchargent.

Les naufragés du ciel sont tous sur leur téléphone portable, à chercher je ne sais quoi ou pour jouer tout simplement.

Et bon nombre d’entre eux sont désabusés de ne pouvoir brancher leur précieux outil pour le recharger, tant les prises électriques prévues à cet effet ne sont pas assez nombreuses pour satisfaire tout un chacun.

Le délai s’allonge.

La fermeture du trafic aérien s’allonge. L’annonce est faite : deux heures supplémentaires.

Vue la tournure, j’annule l’hôtel du premier jour étant persuadé que notre avion va rester cloué au sol.

Malheureusement, il est trop tard pour annuler.

Le premier hébergement sera donc à Edmundston.

Il va falloir prendre encore un peu plus notre mal en patience.

Notre parcours pour ce road trip était portant bouclé jour par jour, mais cet aléa bouscule un peu notre certitude.

Le départ pour Dakar va-t-il avoir lieu ? Anecdote plutôt cocasse.

Embarquement.

Avant notre propre embarquement, celui vers Dakar de la porte d’embarquement d’à coté à lieu.

Petit à petit, tous les passagers s’avancent pour terminer le processus d’enregistrement pour atteindre à leur avion.

Après les rappels habituels au micro, l’embarquement se termine et la porte se ferme.

Retardataires.

Quelques instants plus tard, une famille arrive en retard et demande à passer la porte pour entrer dans l’avion.

Le personnel présent refuse, car il n’est désormais plus possible d’accéder à l’avion, les portes de l’appareil étant fermées.

Arrivée de la police.

Ces passagers ne l’entendent pas de cette oreille et veulent embarquer quand même.

Je ne sais pas pourquoi ? Peut-être ont-ils déjà leurs bagages en soute et s’agit-il simplement, d’après eux, d’une arrivée en retard à cette porte, mais le désaccord persiste.

Il persiste tant et mieux que le ton monte, et il commence à monter sérieusement.

Fort probablement à l’appel du personnel de cette porte d’embarquement, la police arrive.

Comme bien souvent dans ce cas, la pression redescend.

Finalement, les protagonistes s’en vont.

Et l’anecdote, et bien la voilà.

Alors que nous venions nous même de débarquer, voilà que quelques minutes plus tard, la porte d’embarquement de Dakar s’ouvre et les passagers, à leur tour, débarquent eux aussi.

Je ne sais pas si on doit rire ou pleurer de cette situation, mais les fauteurs de trouble de tout à l’heure pourront peut-être partir dans quelques heures avec les autres passagers.

L’attente devient interminable.

Une nouvelle annonce au micro nous informe que le trafic aérien est interrompu jusqu’à nouvel ordre.

Notre transporteur, la compagnie aérienne Air Transat nous demande de patienter quand même, probablement en attente d’informations plus précises des autorités aéroportuaires et des consignes de leur propre compagnie.

Quoi qu’il en soit, nos bagages étant prisonniers dans la soute de l’appareil, nous devons nous résoudre à être philosophe et attendre.

Les motivations de cet interruption du trafic.

Je ne vous en ai pas encore parlé, mais le trafic aérien a été suspendu par les autorités pour une raison bien précise.

Vers 11 heures 30, l’incendie d’une voiture s’est déclaré sur une autoroute bordée par une végétation habituellement aride et à cet instant particulièrement sèche en raison d’une canicule persistante depuis plusieurs jours.

Très rapidement, les pompiers sont intervenus, rapidement épaulés par les moyens aériens.

Ces derniers ont dû pouvoir écoper dans l’étang de Berre, juste en bout de piste de l’aérodrome.

Le trafic aérien a été suspendu au décollage pour cette raison et à l’atterrissage en raison de l’importance des fumées de l’incendie.

D’où l’impossibilité pour l’instant de savoir quand les avions pourront de nouveau décoller et atterrir, les pompiers doivent d’abord fixer le feu.

Vol pour Alger.

Le vol sera annulé.

L’anecdote pour Dakar n’est pas la seule.

Dans un aérogare déjà surchargé, la tension est palpable, même si la situation reste calme.

L’annonce de l’annulation du départ pour Alger provoque une montée d’adrénaline.

Hommes comme femmes demandent des informations que les représentants de la compagnie ne semblent pas en mesure de leur donner.

La compagnie demande aux passagers de quitter l’aérogare, le vol du jour est annulé.

Les passagers sont nombreux.

Contrairement au vol pour Dakar où seule une famille contestait la décision, ici, c’est l’ensemble des passagers d’un avion qui râlent.

Le ton monte et avec un tel monde, ça fait du bruit.

Apparemment, un grand nombre de passagers refusent de quitter l’aérogare.

Les discutions, pour certains les hurlements, sont stériles, aucune entente possible.

La police est de retour.

Le personnel débordé fait appel à la police.

L’équipage de police qui arrive est composé, je dirai heureusement, d’un fonctionnaire de police doté d’un voix de stentor.

Aussitôt la parole prise, tout le monde se tait. On entend sa forte voix, qui plus est agréable, haut et fort.

Il se contente de répéter ce que les représentants de la compagnie s’égosillent à dire depuis plusieurs minutes, mais la police, c’est la police.

Donc, tout ce petit monde quitte sagement l’aérogare.

Panneau d’affichage : vol annulé.

Cette fois-ci, c’est sûr, on rentre.

Voilà, après toute cette attente émaillée de situations diverses, pour nous c’est fini.

Les représentants de la compagnie nous informent que les bagages vont être débarqués et nous être restitués.

Rendez-vous le lendemain pour un décollage à 9 heures.

Rappel d’un ami afin que celui-ci viennent nous chercher, pour une bonne nuit de sommeil à notre domicile avant le départ du lendemain.

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